Stress post-traumatique : ce qu’il faut savoir

Le syndrome de Stress Post-Traumatique (PTSD) est décrit depuis plus d’un siècle, mais c’est seulement depuis les années 1980, que ce trouble est officiellement reconnu par l’ouvrage de référence des médecins psychiatres (DSM-IV).

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Définition de l’état de Stress Post-Traumatique (ou PTSD)

Un état de Stress Post-Traumatique survient à la suite d’un événement traumatique majeur (ou choc traumatique), une rencontre avec le réel de la mort. Ce syndrome a été décrit particulièrement aux États-Unis, après la guerre du Viêt Nam, où 15 % des hommes et 8 % des femmes ayant participé à ce conflit ont présenté des troubles psychiatriques dans les 10– 15 ans qui ont suivi. L’intérêt pour ce syndrome a augmenté avec la fréquence croissante des attentats terroristes, agressions diverses, catastrophes, générant un effroi devant une menace vitale.

Les symptômes liés au syndrome post-traumatique

Six critères doivent être groupés :
• une exposition à un agent stresseur représentant une menace vitale ;
• des phénomènes de reviviscence du traumatisme ou des pensées intrusives récurrentes de l’événement traumatique, souvenirs angoissants, cauchemars, attaques de panique ;
• la présence de symptômes d’évitement et d’émoussement de la réactivité par rapport à l’événement ; par exemple, refuser d’évoquer, éviter de se souvenir de l’événement ;
• des symptômes d’hyper-éveil incluant des troubles du sommeil, de l’irritabilité, une agressivité injustifiée ;
• la présence et l’évolution de ces trois derniers critères depuis plus d’un mois ;
• l’association à ces signes d’une intense détresse.

Les symptômes apparaissent habituellement dans les trois premiers mois après le traumatisme, mais peuvent être retardés et survenir après une période de latence plus longue. Ce syndrome a des conséquences psychiatriques graves, facilite des addictions et est associé a des complications cardiovasculaires fréquentes. On a constaté une augmentation du risque de complications cardiovasculaires : arythmie, angine de poitrine et infarctus du myocarde. Dans une cohorte de 165 patients adultes, anciens militaires, atteints d’infarctus, Jones a constaté la présence d’un stress post- traumatique dans 35 % des cas.

Au plan psychiatrique, le PTSD s’accompagne d’une modification durable de la personnalité qui est une des conséquences majeures de l’événement traumatisant ; les altérations anxieuses et phobiques surviennent soit rapidement dans les premières semaines, soit plus tardivement après un délai de quelques mois. Les plaintes somatiques sont très diverses touchant la sphère digestive et cardiovasculaire, avec souvent des accès de panique. Une tendance dépressive apparaît chez plus de 50 % de ces patients pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires. De nombreux patients tentent de calmer leur anxiété par le recours à des addictions diverses (alcoolisme, haschisch, cocaïne, etc.).

Plusieurs auteurs ont étudié les conséquences des PTSD qui correspondent à une dysfonction de plusieurs structures cérébrales impliquées dans le stress : l’amygdale, l’hippocampe, le locus coeruleus. Au cours d’imageries cérébrales, l’anomalie la plus fréquemment constatée est une réduction du volume de l’hippocampe, des anomalies de structure du gyrus temporal supérieur, mais ces faits sont controversés.

Critères du trouble de stress post-traumatique selon le DSM-IV

- Le sujet a été exposé à un événement traumatique dans lequel les deux éléments suivants étaient présents : le sujet a vécu, a été témoin ou a été confronté à un ou des événements durant lesquels il aurait pu mourir ou être gravement blessés ou a été menacé de mort ou de blessure ou durant le(s)quel(s) son intégrité physique ou celle d’autrui a été menacée ;
la réaction du sujet à l’événement s’est traduite par une peur intense, un sentiment d’impuissance et d’horreur.

- L’événement traumatique est constamment revécu de l’une ou de plusieurs des façons suivantes : souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées, des perceptions ;
des rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse ;
impression ou agissement soudain comme si l’événement traumatisant allait se reproduire ;
réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer l’événement traumatisant en cause.

- Évitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale.

- Présence de symptômes traduisant une activation neurovégétative (insomnie, colère, hypervigilance).

- Les symptômes durent plus d’un mois.

 Traitement
du Stress Post-Traumatique (ESPT)

La prise en charge des patients atteints d’un choc post-traumatique est d’autant plus longue que la pathologie est ancienne. De ce fait, plus le traitement sera entrepris tôt, plus il aura de chances de réussir.

 L’EMDR

L’EMDR (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est à ce jour, la méthode thérapeutique ayant le mieux fait ses preuves dans le traitement des troubles de stress post-traumatique. C’est une technique développée par Shapiro en 1987. Elle consiste à inciter l’individu à penser ou à visualiser le trauma tout en exécutant des mouvements bilatéraux (oculaires, tapping ou auditifs). Cet exercice se répète jusqu’à la diminution de l’anxiété. L’EMDR permet de mobiliser ses ressources psychiques et d’initier un processus d’intégration du choc traumatique.

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