Le syndrome de stress post-traumatique chez l’enfant

Dans les années 1990, une adaptation au jeune enfant du syndrome de stress post-traumatique a été faite par Scheeringa. A partir de l’analyse de plusieurs dizaine de cas d’enfants traumatisés, il a proposé des critères d’Etat de Stress Post Traumatique (ESPT) qui seraient mieux adaptés aux enfants de moins de 4 ans.

psychotraumatisme enfant

Les 6 critères diagnostiques de l’ESPT

A. La confrontation à l’événement traumatique
B. Symptômes d’intrusion
C. Symptômes d’évitement & d’émoussement
D. Symptômes neurovégétatifs
E. Les perturbations des critères B, C et D durent plus d’un mois
F. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants

Tout d’abord il suggère une adaptation des critères « A » : l’enfant doit avoir vécu un événement traumatique, mais il n’est pas nécessaire qu’il ait ressenti une peur intense au moment de l’événement. La majeure partie de son travail consiste en un relevé des manifestations cliniques de l’ESPT chez les jeunes enfants. Il souligne que, chez ces derniers, les phénomènes de reviviscence se manifestent par des jeux post-traumatiques qui illustrent un aspect du trauma mais ne soulagent pas l’anxiété et sont moins élaborés et imaginatifs que les jeux habituels de l’enfant.

La reviviscence s’exprime aussi par la  » mise en scène  » du trauma : l’enfant met en scène le trauma dans un jeu, mais on ne retrouve pas le caractère monotone et répétitif des jeux post-traumatiques. Les cauchemars traumatiques peuvent ne pas reproduire la scène traumatique. On peut aussi constater un accroissement de la fréquence des cauchemars sans que l’enfant puisse en décrire le contenu. Enfin, l’enfant peut présenter des épisodes de dissociation et des flash-back. Contrairement aux critères utilisés pour les adultes un seul de ces symptômes suffit comme critère « B » du PTSD.

Les manifestations d’inhibition de la réactivité de l’enfant se traduiraient par la réduction de sa capacité à jouer. Cette restriction pourrait être présente alors même que l’on constate des épisodes de jeu traumatique. L’enfant se replie sur lui-même, s’isole socialement et n’exprime pas la gamme habituelle de ses émotions. Parmi ces manifestations d’inhibition de la réactivité de l’enfant, Scheeringa et ses collaborateurs proposent d’inclure la perte de savoirs-faire de l’enfant. Cette régression développementale touche, par exemple, le langage et la propreté. Pour les critères « D» un seul des symptômes suivant serait nécessaire : terreurs nocturnes, difficultés à s’endormir non liées à la peur de faire des cauchemars, somnambulisme, difficultés de concentration, hypervigilance et réaction de sursaut. Les auteurs ajoutent un nouveau groupe de symptômes qu’ils baptisent les critères « E ».

Ceux-ci représentent « l’apparition de peurs nouvelles et de manifestations d’agressivité ». Parmi celles-ci, notons l’angoisse de séparation, la peur d’aller seul aux toilettes, la peur de l’obscurité ainsi que des peurs non reliées en apparence au trauma.

Attention, ces critères alternatifs de l’ESPT chez les jeunes enfants sont en cours d’évaluation et ne sont pas encore d’usage courant.

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Les recherches qui ont mené à cet article : « reviviscence traumatique ».

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